5 erreurs communes sur le jeûne

Vous est-il déjà arrivé de démarrer un jeûne plein d’espoir et de motivation et de craquer en cours de route ?

Vous aviez pourtant mis toutes les chances de votre côté, comme avoir à disposition de quoi boire, vous aviez mangé correctement la veille, et agencé votre emploi du temps, etc…

Vous savez quoi ? Tout ceci ne sert à rien !

C’est même contre-productif pour réussir votre jeûne. Parce qu’à cause de ces erreurs vous compromettez votre réussite.

Si vous voulez éviter les désagréments d’un jeûne qui se transforme en lutte pénible de chaque minute, alors lisez cet article jusqu’au bout.

5 erreurs sur le jeûne

Première erreur :

Se préparer physiquement et oublier la préparation mentale

Lorsqu’on se lance dans un jeûne on a l’impression que c’est seulement une histoire de motivation et de volonté. Un truc pour ceux et celles qui en ont, un truc de warrior, et c’est d’ailleurs un peu ça qui vous a poussé à vous lancer (si, si ne niez pas, je vous connais).

Du coup, vous vous voyiez déjà, le couteau entre les dents, le visage bardé de cirage à la Rambo, prêt(e)s à en découdre avec vous même.

jeûne

Photo de Bia Sousa provenant de Pexels

C’est bien là que se situe l’erreur ! et je vous explique pourquoi tout de suite.

Le jeûne est tout le contraire d’une lutte contre soi-même, c’est même le meilleur moyen d’échouer.

Le jeûne c’est tout l’inverse, puisque c’est un acte de bienveillance envers sa santé.

Vous avez déjà pris conscience d’une bonne prépa physique, en suivant certains principes, soit de descente alimentaire, soit de montée alimentaire (selon les différentes écoles), un peu comme un marathonien qui veut mettre toutes les chances de son côté pour franchir la ligne d’arrivée.
Mais vous avez oublié le principal : notre corps et notre esprit travaillent ensemble. Oublier l’un des deux, c’est vous tirer une balle dans le pied dès le départ (avouez que pour un marathon c’est un peu dommage de ne courir que sur une seule jambe, et en tout cas super compliqué et douloureux).

Comme un athlète je vous conseille de vous préparer aussi mentalement, mettre en place des astuces qui vous permettront de rester concentrer sur votre objectif et de vivre votre jeûne comme une expérience agréable et enrichissante.

Vous devez anticiper les signaux qui ne manqueront pas de vous parvenir : 

  • l’envie de manger
  • l’impression que vous vous mettez en danger
  • l’urgence feinte de vous nourrir
  • l’ennui
  • la confrontation au cycle des repas, à l’aspect social…

Pour maîtriser ces aspects qui peuvent à la longue démolir votre objectif, il faut  par exemple :

  • se rappeler la raison profonde de son jeûne (pourquoi, quelle durée, quel résultat attendu)
  • savoir que ces pensées vont être inéluctables et les accueillir avec bienveillance, en profiter pour méditer et se questionner sur le sens de notre éducation face à la nourriture. Nous sommes persuadé de beaucoup de choses concernant l’alimentation et beaucoup de ces choses nous ont été inculquées dès le plus jeune âge (mange pour grandir, mange pour guérir, mange pour faire plaisir…) mais NOUS ? Qu’avons-nous vraiment besoin ?
  • Savoir que ces sensations ne durent pas, elles ne durent que quelques minutes (de 3 à 30 min) et viennent par vague, puis repartent au loin.

Avouez que craquer par manque de patience serait décevant non ?

Deuxième erreur :

Boire du café, du thé…

Pour l’avoir fait une multitude de fois (avant de comprendre et d’accepter mon erreur) : se précipiter sur une tasse de café n’est qu’un leurre !

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Photo de Kaboompics .com provenant de Pexels

La vérité c’est que vous cherchez à tromper votre corps, votre tête, votre ennui et vous chercher surtout du réconfort (ouin-ouin la nourriture me manque, cuisiner me manque, me remplir me manque…)

Vous vous sentez vide, c’est déroutant et anxiogène, un peu effrayant même.
Votre énergie décline et vous êtes accablés d’émotions qui vont en tout sens.

Au-delà du fait que le café, le thé, etc vont demander à votre foie de travailler…

Je rappelle que le but premier du jeûne est de mettre au repos son système digestif pour concentrer son énergie sur une détoxication afin que tout ce petit monde (corps, tête, coeur etc) opère un reset général.

Donc je disais que ces leurres vont envoyer un signal super intéressant à votre cerveau : celui que vous êtes à deux doigts de craquer

Votre cerveau va donc comprendre, qu’il suffit juste qu’il insiste un peu plus fort, ou plus souvent (un peu comme un enfant qui réclame sans cesse et vous use jusqu’à ce que vous cédiez) pour vous faire passer en mode gavage.

nota : c’est aussi pour cette raison que le jeûne sec est mieux vécu par plusieurs personnes (dont moi-même).

Troisième erreur :

Rester à ne rien faire

Au départ cela partait d’un bon sentiment, vous aviez décalé tout votre agenda en vous disant que le jeûne allait vous affaiblir et qu’il était préférable de pouvoir végéter un peu.

Vous étiez même assez content de pouvoir glander avec une bonne excuse : le jeûne !

Encore une fois, c’est une attitude qui peut ruiner votre objectif parce que vous n’avez pas du tout anticipé le fait que sauter les repas, va vous dégager un temps considérable et que vous n’allez pas être si fatigué que ça en fait.

Vous allez vous retrouver face à l’ennui et que fait la majeure partie des gens quand ils s’ennuient?

ILS MANGENT !

Oui mais vous, vous voulez jeûner…. ça devient compliqué ma p’tite dame à ce moment.

Alors je ne vous dis pas d’avoir un agenda de ministre mais prévoyez des activités physiques et mentales pour vos jours de jeûne.

Pourquoi pas : l’écriture de ce blog-post que vous repousser depuis 3 semaines ?

Ou la séance de yoga que vous vouliez tester ?

Ou la super ballade en compagnie de votre compagnon que vous n’avez jamais réussi à caler ?

Ou encore pourquoi pas, si le coeur vous en dit une petite séance de muscu ?

Bref profitez-en pour explorer et tester des choses qui sont hors de portée par manque de temps à l’ordinaire.

Quatrième erreur :

Refuser les signes de détoxication

Alors oui, parce que vous n’êtes pas Chuck Norris et vous allez forcément vivre quelques symptômes pas très sympas (un peu comme se prendre le mur au marathon, hahahaha).
La violence de ces symptômes sera d’ailleurs en fonction de votre taux d’intoxication.
Plus vous aurez de choses à réparer dans votre corps, plus les symptômes apparaîtront vite et violemment.
ça peut être dans le désordre :

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  • maux de tête
  • fièvre
  • vomissement
  • Etourdissements
  • diarrhée
  • éruption cutanée
  • odeurs corporelles très fortes
  • Haleine fétide
  • maux de dos, etc.

 

Ce qui peut aussi être assez surprenant c’est la couleur que votre langue va prendre. Elle peut se revêtir d’un voile blanchâtre et épais, devenir grise voir même noire dans le cas d’une forte détox.

Alors oui, quand on n’y est pas préparé ça peut faire vraiment peur, mais quand on le sait, on se dit qu’il était vraiment temps de jeûner et surtout comme tous les hygiénistes vous le diront :

Des symptômes violents, sont la preuve que votre vitalité est bonne et qu’il faut faire confiance au merveilleux pouvoir de regénération de notre corps.

Notre corps ne souhaite rien d’autre que d’être en santé et vise l’homéostasie. C’est à dire qu’il souhaite un équilibre parfait de santé. Tout ce que nous lui donnons à traiter quotidiennement, que ce soit par la nourriture, les cosmétiques, la pollution etc, lui demande beaucoup de travail.

En jeûne, tout heureux d’avoir un regain d’énergie (celui de la digestion) il veillera donc pour le mieux, à aller tout bien nettoyer. C’est ce qu’on appelle l’autophagie, ou autolyse. Il va aller en priorité expulser les toxines par nos émonctoires (langue, peau, foie, reins, poumons, intestins).

Donc keep-cool, renseignez-vous sur ces symptômes, rassurez-vous si cela vous arrive, et félicitez-vous, car vous êtes sur la bonne voie.

Cinquième erreur :

Oublier sa sortie de jeûne

S’il est une chose à ne pas négliger et anticiper c’est bien celle-ci.
Encore une fois, je me suis bien ramasser en sortie de jeûne, en me ruant sur tout ce qui m’avait manqué pendant et en me gavant sous le prétexte que « je peux bien manger comme une ogresse, vu que ça fait des jours que je ne mange rien ! »

Alors non seulement c’est douloureux mais en plus c’est dangereux.

La réalimentation est tout un art et sera la clé de votre succès, car le jeûne n’a d’importance que si vous repartez ensuite avec un corps tout neuf et qui aura le bon carburant.

Selon la longueur de son jeûne on reprendra rapidement ou pas des solides.

N’oubliez pas que votre estomac et tout votre système digestif a été au repos. Vous secrétez donc moins de bile et de sucs gastriques.
Imaginez la réaction de votre estomac en recevant d’un coup une quantité énorme d’aliments (même s’ils sont healthy). Imaginez la réaction en chaîne de tout votre système digestif .
Ce n’est ni plus ni moins qu’une énorme violence faite à votre corps et ce dernier ne tardera pas à vous rendre la monnaie de votre pièce.

Alors pour un jeûne court, vous pourrez observer, des remontées acides, de la diarrhée fulgurante, des vomissements, des ballonnements, des flatulences (et cela peut durer plusieurs jours).

Pour les jeûnes longs, ça peut aller jusqu’au syndrome de renutrition inappropriée (SRI) qui mène tout simplement à la mort.

On est bien d’accord, si à la base on jeûne, c’est pour retrouver la santé, ou l’améliorer, ou même juste l’entretenir.
Ce n’est pas non plus désagréable de voir quelques kilos s’envoler au passage et de retrouver une jolie peau bien nette et fraîche, des cernes et des rides estompées, etc…
Donc n’allez pas tout gâcher avec une reprise alimentaire désordonnée.

« Mâcher l’eau, Boire ses aliments » : Ghandi

C’est pour cela que je vous préconise de débuter votre reprise alimentaire par un bouillon d’os maison (qu’on aura pris soin de préparer à l’avance), pendant la première demi-heure, on boira gorgée par gorgée ce merveilleux bouillon nutritif en prenant soin de le mâcher, le faire rouler en bouche pour le déglutir lentement.
Il aura pour effet de vous apporter réconfort mais aussi de remettre lentement en marche votre système digestif. Cela va envoyer le signal à votre corps et votre cerveau que le jeûne est rompu et qu’il faut se remettre à bosser. La bile et les sucs gastriques vont être secrétés en plus grand quantité et ce bouillon aura aussi le mérite de ne pas faire grimper votre insuline (c’est aussi pour cela que je ne cautionne pas la reprise par un jus de fruits, de coco ou de légumes qui sont trop riches en glucides).

Au bout d’une demi-heure, pas de mystère, je vous préconise une alimentation purement cétogène, parce que c’est l’alimentation physiologique par excellence, c’est à dire l’alimentation la plus proche de vos besoins biologiques. C’est l’alimentation que préfère votre organisme, celle qui lui permet de refaire ses réserves le plus rapidement sans le fatiguer ni l’encrasser.

On veillera donc à manger doucement, en mastiquant bien et en pleine conscience. Vous verrez que votre nourriture après le jeûne a un goût divin, vous ressentirez chaque saveur, et ça sera pratiquement un orgasme buccal.
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La reprise alimentaire qui me va le mieux est toute simple : 

  • Des oeufs : omelette (un peu baveuse) cuite au ghee, ou oeufs coques, ou mollets (toujours le coeur coulant pour bénéficier des bienfaits).
  • Du gras : ma préférence va au ghee ou huile de coco (1 à 2 bonnes cuillères à café, ou une grosse cuillère à soupe en plusieurs fois)
  • Un demi avocat
  • Si encore faim : 1 légume à index glycémique bas (légumes verts, endive, salade, asperge) de préférence cuit doucement (le cru est difficile à digérer) et seulement une source du même légume (on ne multiplie pas les légumes dans l’assiette, ça demande beaucoup d’énergie à notre organisme pour digérer en même temps des légumes différents).
  • On peut agrémenter avec des olives, quelques épices doux (cumin, curry mais pas de piments)
    On évite les épices chauffants, les aliments acides (cornichons, alcool, café, etc).
    On évitera aussi l’assiette de fromages qui déclenchent souvent de l’inflammation, et des gaz car ils sont difficiles à digérer.
  • On veillera à ne pas imbiber notre bol alimentaire d’eau en excès, car cela dilue les sucs gastriques et empêche la bonne digestion. L’idéal étant de boire entre les repas et par petites gorgées.
  • On n’oublie pas de saler (son bouillon par exemple) pour équilibrer les électrolytes (magnésium, potassium, calcium, sodium).

Et pour ce premier repas, on mange dans le calme, doucement, on mâche au moins chaque bouchée 25 fois avant de l’avaler (il faut que la bouchée ait une consistance de purée pour bébé). Il faut laisser le temps à votre salive de bien imprégner et « travailler » votre nourriture car la digestion commence dans la bouche.

  • On laisse le temps à son corps de recevoir l’information et de déclencher la satiété.

Vous verrez que vous n’aurez plus faim très rapidement. Si votre assiette n’est pas terminée, mettez-là au frais et reprenez où vous en êtes quand la faim se présentera à nouveau et selon le même protocole de mastication.

Cet article n’est pas exhaustif, mais vous permettra, en tout cas je l’espère d’éviter certains écueils auxquels je me suis heurtée avant de comprendre comment faire pour réussir.

@bientôt les Freepotes
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